Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 2.djvu/463

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DE GUSTAYE FLAUBERT. 457 y mettra son orgueil. Les femmes a prétentions J justes se laissent prendre a ces sophismes, et l’on blague, l'on blagxfe les larmes aux geux. Enfin, comme bouquet du rw ·d’artifice, é louissement de la débauche, les démons de feu (pour dire les garces), etc., etc. Mais j’ai donné dans tout cela aussi moil a 18 ans! .l’ai cru également que l’al- cool et le bordel inspiraicnt. .l'ai quelquefois, comme ce grand homme, mangé en un seul coup beaucoup ’argent a des processions mytholo- ` giques, mais j’a1 trouvé tout cela aussi bête que le reste et aussi vide. II faut être un pietre homme pour sîy tenir; on en est bien vite rebattu. Si je suis, sous le rapport vénérien , un homme si sage, c'est que fai passé de bonne heure par une dé- ’bauche supérieure ai mon âge et intentionnelle- ment, afin de savoir. Il ay a peu de femmes que, ·de tête au moins, je n’a1 déshabillées jusqu'au ta- lon. .l'ai travaille la chair en artiste et je la connais. Je me charge de faire des livres at en mettre en rut les plus froids. Quant a l’amour, ç’a été le grand sujet de réflexion de toute ma vie. Ce que je n’ai pas donné at l’art pur, au métier en soi, a été là; V et le cœur que fétudiais, c’était le mien. Que de fois j’ai senti à mes meilleurs moments le froid · du scalpel qui m’cntrait dans la chairl Bovary (dans une certaine mesure, dans la mesure bourgeoise, autant que je l’ai pu, afin que ce fût plus général _ et humain) sera sous ce rapport, la somme de ma science psychologique et n’aura une valeur _ · originale que par ce côté. En aura-t-il? Dieu le veuille! _ Tu me racontes au moins quelque chose, toi, dans tes lettres. Mais que puis—ie te dire, que t'eng