Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 3.djvu/410

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DE GUSTAVE FLAUBERT. 40; Cela sert. Que savons-nous s’il .n’y a pas et cette heure, dans quelque coin des Pyrénées ou de la Basse-Bretagne , un pauvre étre qui nous ' comprenne? On publie pour les amis inconnus. ‘ L’imprimerie n’a que cela de beau. Cest un J déversoir plus large, un instrument de slympathie qui va frapper .a istance. Quant ai pub ier main- ` tenant, je n’en sais rien. Lancer et la Fois la Servante et lalReligieuse serait peut-être plus im- , posant, comme masse et contraste. Non! je n’ai pas pour tout un détachement sëpulcral, car rien · que d’apprendre tes petites réussites de librairie mla fait plaisir. Je suis bien peu détaché de toi, va! pauvre Muse! moi qui voudrais te voir riche, heureuse, reconnue, Fêtée, enviée! Mais je veux _ par-dessus tout te voir grande. Ce quite Fait [te] · méprendre, c’est que j'en veux a ceci : Faspiration au bonheur arles faits, par !’acti0n. Je hais cette recherche [Ide] béatitude terrestre. Elle me semble une manie médiocre et dangereuse. Vivent . l’amour, l'argent, le vinnla Famille, la joie et le sentiment! Prenons de tout cela le plus _ · que nous pourrons, mais n’y croyons point. Soyons persuadés que le bonheur est un mythe inventé par le diable pour nous désespérer. Ce — sont les peuples persuadés d’un paradis qui ont des imaginations tristes. Dans l’antiquité, ou l’on n’espérait (et encore!) que des Cham s-Elysées fort plats., la vie était aimable. Je ne te blâme que ~ de cela, toi, pauvre chère Muse, de demander N des oranges aux pommiers. Oranger ou pom- mier, j'étends mes rameaux vers toi et je me —. couche sur tout ton étre. ' A toi, mille baisers partout. Ton G. 26.