Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/174

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1 68 CORRESPONDANCE c'est impossible. Je suis exaspéré contre l'l1iver, j’engueule le Temps qui, au lieu d'une Faulx, devrait avoir une scie. Pas du tout, ma belle dame, je n’admire point le roman de Mm Bosquet : Unefzmme bien élevée, qui est un livre absolument raté, comme j'ai eu · l'l1onneur de le dire à son auteur. Elle va trop vite. Je l’ai trouvée rayonnante. Elle rajeunir et Hamboie. Quelle narration veux-tu ue `e te fasse du bal du Prince? Cétait tres nombreuic et tres luxueux comme décorations d’appartements. Ce qui m'a surpris le plus, c’est la quantité de salons : vingt- trois au bout les uns des autres, sans compter es petits appartements de dégagement. « Monsei- gneur » était étonné de la quantité de monde que je connaissais. J'ai bien parlé a deux cents per- sonnes. Au milieu de cette «brillante société », que vis-je? Des trombines de Rouen! Le père L**”, le pére C***, le père B**‘° et le pére T***, tous les uatre ensemble. Je me suis écarté de ce groucjne avec horreur, et j’ai été m’asseoir sur les marcbes du trône, à côté de la princesse Primoli. Ladite princesse m’a envoyé samedi son album our ue ° mette des ensées Fortes. J' ai mis Ene piénsébî mais qui n’iltait pas Forte. LZ moitié des dames qui ont assisté au bal du Prince sont dans leur lit, malades d'avoir eu Froid en sortant. Le désordre des paletots et des voitures était ai son comble. J’ai admiré sur la tête de ma Souveraine le Régent (15 millions); cela est assez joli. Quant à elle, j’en ai toujours été très loin. Mais son petit époux a passé si pres de moi que, si j’avais voulu le saluer, je serais tombé sur son nez. La princesse