Page:Flaubert Édition Conard Correspondance 5.djvu/219

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ta bonne maman et envoie-moi de longues lettres. Bavarde un peu avec

Ton pauvre vieux ganachon qui t’aime.

Embrasse pour moi ton mari et ta grand’mère, pas besoin de le dire.

Monseigneur m’ecrit que Lagierm est at Rouen. Quel dommage que je n’y sois pas! Je l’aurais amenée chez toi pour embellir ta soiree! I!


847. À LA MÊME.

Paris, dimanche matin [13 mai 1866]

Je suis bien content de savoir qu’a mon retour je te trouverai a Croisset, ma chere Caro. Cela adoucira les commencements de ma solitude.

Je n’ai pas grand’chose de bien intéressant a te narrer. Voila a peu pres un mois que je n’ai ecrit une ligne, etant tout occupé par la lecture des journaux de l’annee 1847. J’en ai avalé, avant- hier, pendant sept heures et demie! ll n’y a pas de travail lus abrutissant et plus irritant que celui-la! Je touche a la fin, Dieu merci!

Je voulais aller entendre Don Juan au Lyrique, mais je n’en aurai pas le temps probablement, et je reviendrai sans avoir, de tout l’hiver, mis le pied dans une salle de spectacle. J’ai passe une heure a l’Exposition; j’y retournerai avec Monsei-

Suzanne Lagier, artiste dramatique et lyrique de beaucoup d’esprit. Aimee du public, son aspect plantureux contribua a la rendre populaire, Surtout dans les chansons dont elle écrivit la musique.