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XII

L’AQUEDUC.




Douze heures après, il ne restait plus des Mercenaires qu’un tas de blessés, de morts et d’agonisants.

Hamilcar, sorti brusquement du fond de la gorge, était redescendu sur la pente occidentale qui regarde Hippo-Zaryte, et, l’espace étant plus large en cet endroit, il avait eu soin d’y attirer les Barbares. Narr’Havas les avait enveloppés avec ses chevaux ; le Suffète, pendant ce temps-là, les refoulait, les écrasait ; ils étaient vaincus d’avance par la perte du zaïmph ; ceux mêmes qui ne s’en souciaient avaient senti une angoisse et comme un affaiblissement. Hamilcar, ne mettant pas son orgueil à garder pour lui le champ de bataille, s’était retiré un peu plus loin, à gauche sur des hauteurs d’où il les dominait.

On reconnaissait la forme des camps à leurs palissades inclinées. Un long amas de cendres noires fumait sur l’emplacement des Libyens ; le sol bouleversé avait des ondulations comme la mer ;