Page:Flaubert - Salammbô.djvu/419

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


pouvoir(*). Ce fut à Giscon, gouverneur de la place, qu’échut

(*) Supra : page 10, ligne 28. Pourquoi les avoir abandonnés, la paix conclue ?…
la charge de ramener en Afrique l’armée des Mercenaires(*) ; il
(*) page 6, ligne 19. Il avait remis à Giscon le gouvernement des Mercenaires.
s’en acquitta avec sagesse et prévoyance. Ces hommes devant toucher à Carthage l’arriéré de leur solde, il fallait, pour éviter des désordres, donner le temps à la ville de payer les premiers débarqués et de les renvoyer chez eux, avant que les autres n’arrivassent. C’est dans cette pensée que Giscon régla le transport des Mercenaires : il les fit partir par détachements successifs, en ayant soin de laisser s’écouler un certain temps entre les convois (*).
(*) page 6, ligne 3. Giscon, leur général, avait eu cependant la prudence de les renvoyer les uns après les autres pour faciliter l’acquittement de leur solde.

Mais le trésor des Carthaginois était vide, épuisé par les dépenses de la dernière guerre ; d’autre part, ils espéraient obtenir des Barbares la remise d’une partie de leur solde arriérée, même s’ils les rassemblaient tous à Carthage. C’est pourquoi, tous les Mercenaires qui leur arrivaient, ils les retinrent et les laissèrent s’accumuler dans leurs murs (*). De là, jour et nuit, des désordres.

(*) page 6 ligne 1. La République épuisée par la guerre avait laissé s’accumuler dans la ville toutes les bandes qui revenaient. Le Conseil avait cru qu’ils finiraient par consentir à quelque diminution.

Les Carthaginois ne tardèrent pas à s’émouvoir du nombre de ces soldats ; ils redoutaient les troubles qu’engendre la multitude ; ils s’adressèrent donc aux chefs des Mercenaires : « En attendant l’arrivée des derniers convois, et pendant que l’on prendrait les mesures nécessaires à la paye de la solde, accepteraient-ils de se retirer, eux et leurs hommes, dans la ville de Sicca ? On leur donnerait l’argent nécessaire aux besoins les plus urgents » (*).

(*) page 6, ligne 3. On leur avait donné à chacun une pièce d’or, sous la condition qu’ils iraient camper à Sicca.

Les Mercenaires acceptèrent de bonne grâce. Ils demandaient seulement à laisser là leurs bagages, femmes et enfants, comme ils l’avaient déjà fait précédemment ; ils les reprendraient en venant toucher leur solde. Les Carthaginois refusèrent. Ils se dirent que parmi ces hommes qui venaient de faire un long