Page:Flaubert - Salammbô.djvu/441

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leur fallut finalement lever le siège (*). Au bout d’un certain temps

(*) Page 357, ligne x… il les détacha de leurs campements. Spendius fut oblige de les suivre ; Mâtho, etc.
ils rassemblèrent les plus valeureux d’entre les Mercenaires et les Libyens, en tout cinquante mille hommes (*), parmi lesquels le
(*) Page 357, § 5. Leur armée était de quarante mille hommes.
libyen Zarzas et sa troupe (*), et se remirent à suivre l’armée
(*) Dans Salammbô, Zarxas est le chef des frondeurs Baléares.
d’Hamilcar par des mouvements parallèles. Ils prenaient grand soin d’éviter les plaines, à cause des éléphants et des cavaliers de Naravas (*) et s’attachaient aux crêtes et aux défilés.
(*) Page 57, § 6. Ce qui les tourmentait, c’étaient les cavaliers de Narr’Havas…

Durant cette campagne, ils ne se montrèrent inférieurs à leurs adversaires ni par la vigueur de leurs attaques, ni par leur hardiesse, mais leur expérience leur valut plus d’un échec ; c’est alors, semble-t-il, et par cet exemple, que l’on peut juger toute la distance qui sépare une tactique rigoureuse et l’habileté d’un vrai général des procédés d’une soldatesque combattant sans méthode et sans dessein. On vit plus d’une fois Hamilcar, coupant la retraite à des détachements isolés, les envelopper comme un joueur habile et les exterminer. Ou bien, lorsque l’ennemi lui offrait une bataille rangée, il l’attirait dans quelque adroite embuscade et le décimait (*). Tantôt le jour, tantôt la nuit,

(*) Cf. page 356 § 5.
brusquement, sans que rien ait signalé son approche, il surgissait, semant l’épouvante ; et tous les hommes qu’il capturait vivants, il les jetait aux bêtes. Il finit par établir son camp dans une position aussi fâcheuse pour les Barbares qu’elle lui était avantageuse, et les réduisit à un état si critique que, n’osant livrer bataille, incapables de fuir, cernés par ses retranchements (*),
(*) Cf. page 359.
ils subirent une effroyable famine et en arrivèrent à se manger entre eux (*). Ainsi le destin leur faisait expier, par un juste retour,
(*) Page 363, ligne 9. Alors des Garamantes se mirent lentement à rôder tout autour, etc.
les atrocités sacrilèges qu’ils avaient infligées aux autres. Livrer bataille, ils ne l’osaient pas, pris entre la peur de la