Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/117

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DE LA BASSE-NORMAXDIE 93

Non. Eh bien! demande-lui si ce que je vais te dire n'est pas vrai.

Un jour, c'était dans la grande rue du bourg de Beaumont, il y avait sur la place des faiseurs de tours, un homme, une femme, un petit garçon. Ils faisaient toutes sortes de singeries, ils portaient des épées sur le bout du nez, chargeaient d'une main sur leurs épaules des poutres que deux hommes avaient bien de la peine à soulever et faisaient d'autres exercices. Mais ce qu'ils mon- traient de plus drôle, c'était un coq qui traînait une poutre. On lui avait attaché la poutre à la patte et il se promenait gravement avec. Tout Beaumont était là, et chacun se récriait. Marie Toulorge s'approcha comme les autres. Elle venait de ramasser, le long du chemin, de l'herbe pour donner à sa vache, car vous savez qu'elle n'est pas riche, et pour nourrir sa vache elle ramasse de l'herbe partout où elle en trouve ; elle en avait plein son devantet. Elle voit tout ce monde rassem- blé et qui se récrie :

— Une belle affaire! dit-elle. Voilà des gens bien étonnés de rien. Un coq qui traîne un fétu !

Le faiseur de tours comprit à qui il avait affaire; il comprit que le charme n'agissait pas sur elle et