Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/140

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Il6 LITTÉRATURE ORALE

— Vous n'avez jamais marché sur maie herbe, jamais rencontré la Demoiselle sur la lande de Tonneville, ni aperçu le sabbat sur la lande de Flottemanville ?

— Pourquoi ne me demandez-vous pas si je n'ai point vu Gargantua enjamber du cap Lévy à la roche du Câtet, ou si je n'ai jamais rencontré dans le bois de Varengrou l'homme sans tête, qui tient une bouteille à la bouche, et s'en va, criant : Hélas ! Hélas !

— Ça, c'est bon à dire aux petits enfants. Mais le carrefour entre Gréville et Nacqueville, est-ce que vous y passeriez bien à minuit, un jour de Noël?

— Pourquoi pas? J'ai veillé autrefois à peu de distance des trois menhirs de Cosqueville et de Saint-Pierre-Église, qu'on appelle le « Mariage des trois princesses. » Je ne les ai jamais vus tour- ner comme on prétend qu'ils tournent. Je me suis trouvé pendant la messe de minuit auprès d'étables, et je n'ai jamais vu les animaux interrompre leur sommeil et s'agenouiller, comme on prétend qu'ils le font.

— Mais si vous rencontriez le varou, est-ce qu'il ne vous ferait pas peur?