Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/283

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DE LA BASSE-NORMANDIE 259

Ils m'ont planté de faction

Derrière un' citadelle.

Ceux qui n' savaient pas mon nom

M'appelaient : Sentinelle.

Il n'aurait pas passé un cat (i),

Que j'n'eusse crié : Qui va là ?

J'avisis v'ni d'biaux messieurs,

On m' dit que c'était mes maîtres.

Ils avaient des plumes de gai (2),

Tout alentour d'ia tête ;

Ils s'en allaient tous de rang

Comme des bœufs qui vont es camps.

Je vis v'ni de p'tits messieurs Atou de p'tites gaoulettes, Des messieurs à gros boissiaux Avec de p'tites baguettes. I faisaient un si grand bruit Ventre-Dieu ! que j'm'en suis fui.

Je m'en fus au corps de garde Pour émôquieir d'ia braise,

(i) Chat. —(2) Geai.