Page:Fleury - Littérature orale de la Basse-Normandie, 1883.djvu/81

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DE LA BASSE-NORMANDIE 57

— Cela arrive encore, dit un jeune garçon.

— Quelquefois en entrant dans l'écurie le matin on voyait les chevaux harassés, mais tout était parfaitement en ordre. Les fées étaient très soi- gneuses, et si l'objet qu'on leur prêtait était quelque peu gâté, on le retrouvait en bon état.

On les entendait aussi parfois dans le jour. Une de mes arrière-tantes entendit une fois une fée qui invitait ses compagnes à une fête :

« Madame à longues oreilles. Madame à longues mamelles, venez-t-à mes noces. »

Il faut vous dire que quelques-unes avaient les seins tellement longs, qu'elles les rejetaient par dessus leurs épaules pour donner à têter à leurs petits, qu'elles portaient sur le dos.

— Et la galette des fées, vous n'en parlez pas ?

— Attendez. Il y avait un jour d'été des gens qui glanaient du lin. C'était une belle journée, les alouettes chantaient, les mériennes dansaient. A un moment où tout le monde se taisait, on enten- dit une voix de femme qui criait :

— Le four est chaud.

— Aurons-nous de la galette ? demanda une femme en riant.

On ne répondit pas, et elle eut peur d'avoir eu