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DE LA BASSE-NORMANDIE

cassés. Le lendemain matin, on va voir : tout est en place, rien n’a bougé.

Généralement les goublins sont silencieux ; mais il y en a qui parlent. Il y en avait un au hameau Fleury, à Gréville, qui avait le don de la parole. On l’avait nommé Gabriet et il connaissait très bien son nom. Il prenait diverses formes ; c’était tour à tour un chien, un chat, un veau. On n’en avait pas peur. On lui parlait ; il comprenait, il répondait même quelquefois ; mais il ne causait jamais familièrement.

Une nuit, il réveille la maîtresse de la maison. Il avait levé la pierre du foyer : « Voilà de l’argent, disait-il, viens le prendre. » Elle aurait bien voulu aller voir, mais la peur l’emporta ; elle resta dans son lit. Bien lui en prit. Gabriet lui dit plus tard : « Tu as bien fait de ne pas venir. J’allais te mettre sous la pierre. »

Il ne trompait pas toujours. Un des fils de la maison s’appelait Desmonts (Fleury-Desmonts, car alors on donnait des noms de seigneurie aux aînés de la famille, le plus jeune gardait seul le nom héréditaire). Une nuit, Desmonts s’entend appeler : Desmonts, Desmonts, ton cidre jette.

Desmonts reconnut la voix de Gabriet ; il