Page:Fortuné du Boisgobey - Le Pouce crochu, Ollendorff, 1885.djvu/57

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Moi, je trouve qu’il a l’air d’un crevé… , un teint de papier mâché… , des yeux couleur de vert de gris… , et mauvais coucheur, avec ça… Personne ne pouvait le souffrir… personne, excepté cette coquine d’Amanda… et encore elle cachait son jeu… Des fois, elle lui cherchait dispute et je croyais bonnement qu’elle lui en voulait… Ah ! ouiche !… c’étaient des scènes de jalousie, quand il faisait de l’œil aux bourgeoises, qui l’applaudissaient après ses exercices.

— Cependant, il ne leur montrait que le bas de son visage.

— Ça suffisait. Il a des dents superbes et il est bien taillé, le gredin… grand, mince comme un roseau, souple comme une anguille, et, avec ça, fort comme un Turc… Une fois, il s’est colleté avec notre hercule, et il l’a tombé du premier tour de reins…

— Ce n’est pas étonnant, avec des mains comme les siennes…

— De vraies tenailles… quand elles tiennent, elles ne lâchent plus.

— Pourquoi les cachait-il, sur la scène ?

— C’est le tour qui veut ça. Et puis, monsieur craint de les gâter. Si je vous disais qu’à la ville il porte des gants. Si ça ne fait pas suer !

Camille était fixée, et elle jugea inutile de demander des détails plus précis sur la forme et la dimension de la main de Zig-Zag.

— Où croyez-vous qu’il soit allé, en partant d’ici ? reprit-elle.

— Le diable me brûle si je m’en doute.

— Pensez-vous qu’il se soit engagé dans une autre troupe ?