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MON ENCRIER

, la contradiction foncière, irréductible, mathématique.

Par les citations que je viens de donner, on a vu que M. Bourassa reconnaissait deux motifs — et deux motifs seulement — qui puissent justifier notre intervention dans le conflit européen : d’une part, une obligation quelconque, soit morale, soit constitutionnelle ; de l’autre, l’intérêt propre du pays. Or, il est le premier à proclamer que le Canada n’a « aucune obligation morale ou constitutionnelle » dans cette guerre, et qu’en outre il n’y a « aucun intérêt immédiat ». — Comment va-t-il tenter de sortir de là ?

Par la distinction, tout simplement, que vous savez, entre nos obligations coloniales, « nulles en fonction de l’histoire, de la constitution et des faits », d’une part, et d’autre part nos obligations en tant que nation, en tant que « communauté humaine ».

Voyons un peu, si vous voulez, ce que cela veut dire, et, tout d’abord, demandons-nous quelles sont ces obligations que nous n’avions pas, au jugement du maître, envers la métropole, mais que nous avions envers les Alliés. En dehors d’obligations constitutionnelles, dont il ne saurait, je suppose, être question ici, il ne peut s’agir que d’obligations morales. Or, M. Bourassa, dans ce même article que nous sommes à examiner, nous déclare lui-même — comme il devait