Page:France - Saint Yves.djvu/315

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elle-même, signifie réellement confrérie, parce que tous les participants juraient de se défendre l’un l’autre, et de s’entr’aider comme des frères, dans tous les périls et grands accidents de la vie. Chacune de ces associations était mise sous la garde d’un dieu ou d’un héros, et son nom servait à la désigner. Chaque confrérie avait un chef choisi dans son sein, un trésor commun et des statuts obligatoires pour tous ses membres.

Partout dans leurs migrations, les peuples du nord portaient avec eux le touchant usage de se réunir en confréries : ils le conservèrent même après leur conversion au christianisme, en substituant l’invocation des saints à celle des dieux et des héros, et en remplaçant les coupes de bière par certaines œuvres pies. Les confréries trouvèrent de fortes oppositions dans l’origine ; mais la religion ayant fait disparaître ce qu’il y avait de dangereux dans leur puissante organisation, l’Eglise les encouragea, les bénit, approuva leurs règlements, et d’ordinaire les enrichit de faveurs considérables et de nombreuses indulgences. Elles avaient toujours pour centre une église ou une chapelle, et étaient très répandues au moyen-âge. Nous en trouvons des traces dans nos campagnes