Page:Francisco de Miranda - Le général Miranda à la Représentation nationale, 1795.djvu/4

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Il n’exiſte plus de ſociété, là où un membre du corps ſocial înſulte, par l'impunité, à la juſtice ; c’eſt-à-dire, à la volonté du corps qui veut eſſentiellement ſa ſûreté, & qui ne la trouve que dans la répreſſion, ou la ſuppreſſion du membre coupable.

Il n’exiſte plus de ſociété, là où le corps ſocjal laiſſe opprimer un de ſes membres ; car de l’oppreſſion de la partie à l'oppreſſion du tout, la conſéquence eſt directe & néceſſaire.

L’un de ces deux crimes contre la liberté exiſte dans l’illégale détention de ma perſonne, que je dénonce à la Reprefentation Nationale.

Ou je ſuis coupable, & il y a crime envers le corps ſocial de me laiſſer impuni. Dans ce cas, je réclame moi-même une punition légale ; — J’aime mieux mourir libre, c’eſt-à-dire par la force de la loi, que de vivre eſclave, c’eſt-a-dire au mépris de la loi, & par la volonté d’un autre.

Ou je fuis innocent, & il y a crime envers la ſociété de me tenir en priſon ſans jugement ; que dis-je ? ſans aucun motif qu’on oſe avouer ; que dis-je ? après l’aveu du comité actuel de ſùreté générale, qu’il n’exiſte aucune charge contre moi. Dans ce cas, je réclame ma liberté pour l’intérêt du corps ſocial, frappé, dans ma perſonne, de toute la tyrannie dont je fuis l’objet.

Je demande que la Convention prononce ſur cette étrange alternative, dont la prolongation eſt un délit envers la ſociété, & pour moi un ſupplice pire que la mort.

J’ai accepté en 1792 l’honorable emploie, qui me fut offert, avec des inſtances réitérées, de défendre, contre la ligue des deſpotes, la liberté françoiſe. Ma deſtinée ſemble m’avoir appellé à être toujours & par-tout le ſoldat de cette illuſtre