Page:Franck - Le communisme jugé par l'histoire, 1871.djvu/18

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la valeur intégrale de son produit on demande simplement qu’il ne soit tenu aucun compte des intérêts du capital, ni de la rémunération qui est due aux inventeurs, aux directeurs, aux entrepreneurs, et par laquelle se trouvent représentés les droits de l'intelligence. Quelle sera la conséquence de cette double spoliation ? La première, comme ou vient de le voir, ne laissera subsister d’autre capitaliste que l'Etat. La seconde en fera le seul entrepreneur, le seul directeur des travaux de l'industrie ; car personne, s’il n’en doit recueillir aucun avantage, ne voudra se charger de la responsabilité attachée à ce rôle ou se consumer dans les recherches et les efforts de méditation qu’il exige. Demeuré le seul entrepreneur, le seul capitaliste, l’Etat sera tout et l’individu ne sera rien, ce qui est la marque distinctive du communisme.

Maintenant veut-on savoir quel est l’auteur du prétendu principe de justice distributive qui contient en lui ce glorieux régime ? C’est celui qui a défini le communisme « la religion de la misère » et qui apostrophe en ces termes les partisans de cette forme de société : « Retirez-vous de moi, communistes, vous me dégoûtez ! » Il est vrai que c’est le même qui a dit : « La propriété, c’est le vol. » C’est en vain que Proudhon s’efforce d’échapper aux conséquences de son propre principe, le communisme est autorisé à le compter parmi ses plus illustres défenseurs.