Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/18

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Gévrol regarda d’un air goguenard l’honnête gendarme.

— Sachez, brigadier, dit-il, qu’une femme qui a de l’argent est toujours jeune et jolie, si cela lui convient.

— Peut-être y a-t-il là quelque chose, reprit le juge d’instruction ; pourtant ce n’est pas là ce qui me frappe. Ce seraient plutôt ces mots de la veuve Lerouge : « Si je voulais davantage, je l’aurais. »

— C’est aussi ce qui éveilla mon attention, appuya le commissaire.

Mais Gévrol ne se donnait plus la peine d’écouter. Il tenait sa piste, il inspectait minutieusement les coins et les recoins de la pièce. Tout à coup il revint vers le commissaire.

— J’y pense, s’écria-t-il, n’est-ce pas le mardi que le temps a changé ? Il gelait depuis une quinzaine et nous avons eu de l’eau. À quelle heure la pluie a-t-elle commencé ?

— À neuf heures et demie, répondit le brigadier. Je sortais de souper et j’allais faire ma tournée dans les bals, quand j’ai été pris par une averse vis-à-vis de la rue des Pêcheurs. En moins de dix minutes il y avait un demi-pouce d’eau sur la chaussée.

— Très-bien ! dit Gévrol. Donc, si l’homme est venu après neuf heures et demie, il devait avoir ses souliers pleins de boue… sinon, c’est qu’il est arrivé avant. On aurait dû voir cela ici, puisque le carreau