Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/189

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— Je ne vous ai pas demandé le secret, monsieur, dit-elle.

— Oh ! mademoiselle !… fit le juge, blessé de cette apparence de doute.

— Je sais, reprit Claire, que je puis compter sur vous. Mais, quoi qu’il arrive, ma tranquillité est perdue.

M. Daburon la regarda d’un air surpris ; son œil interrogeait.

— Il est certain, ajouta-t-elle, que ce que moi, jeune fille sans expérience, je n’ai pas su voir, ma grand’mère l’a vu ; si elle a continué à vous recevoir, si elle ne m’a rien dit, c’est qu’elle vous est favorable, c’est que tacitement elle encourage votre recherche, que je considère, permettez-moi de vous le dire, comme très-honorable pour moi.

— Je vous l’avais dit en commençant, mademoiselle, répondit le magistrat. Madame la marquise a daigné autoriser mes espérances.

Et brièvement il dit son entretien avec madame d’Arlange, ayant la délicatesse d’écarter absolument la question d’argent qui avait si fort influencé la vieille dame.

— Je disais bien que c’en est fait de mon repos, reprit tristement Claire. Quand ma grand’mère apprendra que je n’ai pas accueilli votre hommage, quelle ne sera pas sa colère !

— Vous me connaissez mal, mademoiselle, inter-