Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/195

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.




VII


M. Daburon ne rentra pas chez lui en sortant de l’hôtel d’Arlange. Toute la nuit il erra au hasard, cherchant un peu de fraîcheur pour sa tête brûlante, demandant un peu de calme à une lassitude excessive.

— Fou que je suis ! se disait-il, mille fois fou d’avoir espéré, d’avoir cru qu’elle m’aimerait jamais. Insensé ! comment ai-je osé rêver la possession de tant de grâces, de noblesse et de beauté ! Combien elle était belle, ce soir, le visage inondé de larmes ! Peut-on imaginer rien de plus angélique ! Quelle expression sublime avaient ses yeux en parlant de lui ! C’est qu’elle l’aime. Et moi elle me chérit comme un père, elle me l’a dit, comme un père ! En pouvait-il être autrement, n’est-ce pas justice ? Devait-elle voir un amant en ce juge sombre et sévère, tou-