Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/298

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tracterait et le nierait, étant disposée à tout faire au monde pour que son fils conservât sa belle situation.

De cette scène dataient, au jugement de l’avocat, les premières atteintes du mal auquel succombait l’ancienne maîtresse de son père.

Noël s’étendit encore sur son entrevue avec le vicomte de Commarin.

Même dans sa narration se glissèrent quelques variantes, mais si légères qu’il eût été bien difficile de les lui reprocher. Elles n’avaient rien d’ailleurs de défavorable à Albert.

Il insista, au contraire, sur l’excellente impression qu’il gardait de ce jeune homme.

Il avait reçu sa révélation avec une certaine défiance, il est vrai, mais avec une noble fermeté en même temps et comme un brave cœur prêt à s’incliner devant la justification du droit.

Enfin, il traça un portrait presque enthousiaste de ce rival que n’avaient point gâté les prospérités, qui l’avait quitté sans un regard de rancune, vers lequel il se sentait entraîné, et qui après tout était son frère.

M. Daburon avait écouté Noël avec l’attention la plus soutenue, sans qu’un mot, un geste, un froncement de sourcils trahît ses impressions. Quand il eut terminé :

— Comment, monsieur, observa le juge, avez-