Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/300

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blé me comprendre. Cependant il la connaissait bien, étant allé chez elle avec le comte qui lui donnait, je l’ai su depuis, beaucoup d’argent.

— Cette générosité ne vous a pas paru singulière ?

— Non.

— Vous expliquez-vous pourquoi le vicomte n’a pas paru disposé à vous suivre ?

— Certainement. Il venait de me dire qu’il voulait avant tout avoir une explication avec son père, absent pour le moment, mais qui devait revenir sous peu de jours.

La vérité, tout le monde le sait et se plaît à le proclamer, a un accent auquel personne ne se trompe. M. Daburon n’avait plus le moindre doute sur la bonne foi de son témoin. Noël continuait avec une candeur ingénue, celle d’un cœur honnête que les soupçons n’ont jamais effleuré de leur aile de chauve-souris :

— Moi, cela me convenait fort, d’avoir immédiatement à traiter avec mon père. Je tenais d’autant plus à laver ce linge sale en famille, que je n’ai jamais désiré qu’un arrangement amiable. Les mains pleines de preuves, je reculerais devant un procès.

— Vous n’auriez pas plaidé ?

— Jamais, monsieur, à aucun prix. Il aurait donc fallu, ajouta-t-il d’un ton fier, pour reprendre un nom qui m’appartient, commencer par le déshonorer ?