Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/307

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toute ma fortune. Oui, je lui laisserai tout après moi, comme il est dit sur mon testament déposé chez maître Baron, mon notaire. Il y a aussi un paragraphe pour madame Gerdy, mais je vais le biffer, et vivement.

— Madame Gerdy, monsieur Tabaret, n’aura bientôt plus besoin de rien.

— Elle ! comment cela ? Est-ce que le comte ?…

— Elle est mourante et ne passera sans doute pas la journée, c’est M. Gerdy qui me l’a dit.

— Ah ! mon Dieu ! s’écria le bonhomme, que m’apprenez-vous là ! mourante !… Noël va être au désespoir…, c’est-à-dire non, puisque ce n’est plus sa mère, que lui importe. Mourante ! Je l’estimais beaucoup avant de la mépriser. Pauvre humanité. Il paraît que tous les coupables vont y passer le même jour, car, j’oubliais de vous en informer, au moment où je quittais l’hôtel de Commarin, j’ai entendu un domestique annoncer à un autre que le comte, à la nouvelle de l’arrestation de son fils, avait été frappé d’une attaque.

— Ce serait pour M. Gerdy la pire des catastrophes.

— Pour Noël ?

— Je comptais sur la déposition de M. de Commarin pour lui rendre, moi, tout ce dont il est si digne. Le comte mort, la veuve Lerouge morte, madame Gerdy mourante ou dans tous les cas folle, qui donc pourra dire si les papiers ont raison ?