Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/321

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Jusqu’à quel point le comte était-il étranger au crime de la Jonchère ? Évidemment, quelques jours auparavant, bien que doutant de sa paternité, il eût fait les plus grands efforts pour sauver la situation d’Albert. Il y croyait son honneur intéressé, son récit le démontrait.

N’était-il pas un homme à supprimer par tous les moyens un témoignage gênant ? Voilà ce que se disait M. Daburon.

Enfin, il ne voyait pas clairement où se trouvait dans cette affaire l’intérêt du comte de Commarin, et cette incertitude l’inquiétait. De là sa vive contrariété.

— Monsieur, reprit-il plus posément, quand avez-vous été informé de la découverte de votre secret ?

— Hier soir, par Albert lui-même. Il m’a parlé de cette déplorable histoire d’une façon que maintenant je cherche en vain à m’expliquer. À moins que…

Le comte s’arrêta court comme si sa raison eût été choquée de l’invraisemblance de la supposition qu’il allait formuler.

— À moins que ?… interrogea avidement le juge d’instruction.

— Monsieur, dit le comte sans répondre directement, Albert serait un héros, s’il n’était pas coupable.