Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/391

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


— Elle va plus mal, répondit-il, depuis ce matin les accidents se succèdent avec une effrayante rapidité.

Il s’arrêta. L’avocat venait de lui saisir le bras et le serrait à le briser. Madame Gerdy s’était quelque peu remuée et avait laissé échapper un faible gémissement.

— Elle t’a entendu, murmura Noël.

— Je le voudrais, fit le médecin, ce serait fort heureux, mais tu dois te tromper. Au surplus, voyons.

Il s’approcha de madame Gerdy, et tout en lui tâtant le pouls, l’examina avec la plus profonde attention. Puis légèrement, du bout du doigt, il lui souleva la paupière.

L’œil apparut terne, vitreux, éteint.

— Mais viens, juge toi-même, prends-lui la main, parle-lui !

Noël, tout frissonnant, fit ce que lui demandait son ami. Il s’avança, et, se penchant sur le lit, de façon que sa bouche touchait presque l’oreille de la malade, il murmura :

— Ma mère, c’est moi, Noël, ton Noël, parle-moi, fais-moi signe, m’entends-tu, ma mère ?

Rien, elle garda son effrayante immobilité, pas un souffle d’intelligence n’agita ses traits.

— Tu vois, fit le docteur, je te le disais bien.

— Pauvre femme ! soupira Noël, souffre-t-elle ?

— En ce moment, non.