Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/399

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Il doit demeurer vers le haut de la rue de la Victoire. Il n’a pas de magasin et pourtant il vend de toutes choses vendables et de quelques autres encore que la loi ne reconnaît pas comme marchandises. Toujours pour être utile au prochain. Parfois il affirme qu’il n’est pas très-riche. C’est possible. Il est fantasque, plus encore qu’avide, et effroyablement hardi. Facile à la poche quand on lui convient, il ne prêterait pas cent sous avec Ferrières en garantie à qui n’a pas l’honneur de lui plaire. Il risque d’ailleurs ses fonds sur les cartes les plus chanceuses.

Sa clientèle de prédilection se compose de petites dames, de femmes de théâtre, d’artistes, et de ces audacieux qui abordent les professions qui ne valent que par celui qui les exerce, tels que les avocats et les médecins.

Il prête aux femmes sur leur beauté présente, aux hommes sur leur talent à venir. Gages fragiles ! Son flair, on doit l’avouer, jouit d’une réputation énorme. Rarement il s’est trompé. Une jolie fille meublée par Clergeot doit aller loin. Pour un artiste, devoir à Clergeot est une recommandation préférable au plus chaud feuilleton.

Madame Juliette avait procuré à son amant cette utile et honorable connaissance.

Noël, qui savait combien ce digne homme est sensible aux prévenances et chatouilleux sur l’urbanité,