Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/404

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un tas d’autres bêtises. Quatre bonnes petites envies bien ménagées doivent durer un an. Vous n’avez pas su soigner votre bonheur. Je sais bien qu’elle a un diable de regard qui donnerait la colique à un saint de pierre, mais on se raisonne, saperlotte ! Il n’y a pas à Paris dix femmes entretenues sur ce pied-là. Pensez-vous qu’elle vous en aime davantage ! Point. Dès qu’elle vous saura ruiné, elle vous plantera là pour reverdir.

Noël acceptait l’éloquence de son banquier-providence à peu près comme un homme qui n’a pas de parapluie accepte une averse.

— Où voulez-vous en venir ? dit-il.

— À ceci, que je ne veux pas renouveler vos billets. Comprenez-vous ? À l’heure qu’il est, en battant ferme le rappel des espèces, vous pouvez encore mettre en ligne les vingt-deux mille francs en question. Ne froncez pas le sourcil, vous les trouverez, pour m’empêcher par exemple de vous faire saisir, non ici, ce qui serait idiot, mais chez votre petite femme, qui ne serait pas contente du tout, et qui ne vous le cacherait pas.

— Mais elle est chez elle et vous n’avez pas le droit…

— Après ? Elle formera opposition, je m’y attends bien, mais elle vous fera dénicher les fonds. Croyez-moi, parez ce coup-là. Je veux être payé maintenant. Je ne veux pas vous accorder un délai, parce que