Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/407

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doux banquier. Vous dites vingt-quatre mille francs à quarante-cinq jours ?

— Oui. Cela fait dans les environs de soixante-quinze pour cent. C’est gracieux.

— Je ne chicane jamais sur les intérêts, fit M. Clergeot, seulement…

Il regarda finement Noël tout en se grattant furieusement le menton, geste qui indiquait chez lui un travail intense du cerveau.

— Seulement, reprit-il, je voudrais bien savoir sur quoi vous comptez.

— C’est ce que je ne vous dirai pas. Vous le saurez, comme tout le monde, avant peu.

— J’y suis ! s’écria M. Clergeot, j’y suis ! Vous allez vous marier ! Parbleu ! vous avez déniché une héritière. Votre petite Juliette m’avait dit quelque chose dans ce goût-là ce matin. Ah ! vous épousez ! Et est-elle jolie ? Peu importe. Elle a le sac, n’est-il pas vrai ? Vous ne la prendriez pas sans cela. Donc, vous entrez en ménage ?

— Je ne dis pas cela.

— Bien ! bien ! faites le discret, on entend à demi-mot. Un avis pourtant : veillez au grain, votre petite femme a un pressentiment de la chose. Vous avez raison, il ne faut pas chercher d’argent. La moindre démarche suffirait pour mettre le beau-père sur la piste de votre situation financière et vous n’auriez pas la fille. Mariez-vous et soyez sage. Surtout, lâchez Ju-