Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/477

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et vous serez heureux, Albert et vous… Mais nous ne pouvons pourtant pas nous lancer comme des étourneaux. Il nous faudrait, pour m’indiquer à qui je dois m’adresser, un guide quelconque, un avocat, un avoué. Ah ! s’écria-t-il, nous tenons notre affaire, Noël !…

Claire leva sur le comte ses beaux yeux surpris.

— C’est mon fils, répondit M. de Commarin, visiblement embarrassé, mon autre fils, le frère d’Albert. Le meilleur et le plus digne des hommes, ajouta-t-il, rencontrant fort à propos une phrase toute faite de M. Daburon. Il est avocat, il sait son Palais sur le bout du doigt, il nous renseignera.

Ce nom de Noël, ainsi jeté au milieu de cette conversation qu’enchantait l’espérance, serra le cœur de Claire.

Le comte s’aperçut de son effroi.

— Soyez sans inquiétude, chère enfant, reprit-il. Noël est bon, et je vous dirai plus, il aime Albert. Ne hochez pas la tête ainsi, jeune sceptique, Noël m’a dit ici même qu’il ne croyait pas à la culpabilité d’Albert. Il m’a déclaré qu’il allait tout faire pour dissiper une erreur fatale, et qu’il voulait être son avocat.

Ces affirmations ne semblèrent pas rassurer la jeune fille. Elle se disait : « Qu’a-t-il donc fait pour Albert, ce Noël ? » Pourtant elle ne répliqua pas.

— Nous allons l’envoyer chercher, continua M. de