Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/478

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Commarin ; il est en ce moment près de la mère d’Albert, qui l’a élevé et qui se meurt.

— La mère d’Albert !

— Oui, mon enfant. Albert vous expliquera ce qui peut vous paraître une énigme. En ce moment le temps nous presse. Mais j’y pense…

Il s’arrêta brusquement. Il pensait qu’au lieu d’envoyer chercher Noël chez madame Gerdy il pouvait s’y rendre. Ainsi il verrait Valérie, et depuis si longtemps il désirait la revoir !

Il est de ces démarches auxquelles le cœur pousse, et qu’on n’ose risquer cependant, parce que mille raisons subtiles ou intéressées arrêtent.

On souhaite, on a envie, on voudrait, et pourtant on lutte, on combat, on résiste. Mais vienne une occasion, on est tout heureux de la saisir aux cheveux. Alors, vis-à-vis de soi, on a une excuse.

Tout en cédant à l’impulsion de sa passion, on peut se dire : Ce n’est pas moi qui l’ai voulu, c’est le sort.

— Il serait plus court, observa le comte, d’aller trouver Noël.

— Partons, monsieur.

— C’est que, ma chère enfant, dit en hésitant le vieux gentilhomme, c’est que je ne sais si je puis, si je dois vous emmener. Les convenances…

— Eh ! monsieur, il s’agit bien de convenances ! répliqua impétueusement Claire. Avec vous et pour lui, ne puis-je pas aller partout ! N’est-il pas indis-