Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/514

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par la concurrence. » Moi, je ne soufflai mot ; seulement au matin, quand elle fut parée pour le passage de la diligence, je déclarai que je l’accompagnerais. Elle ne parut pas fâchée, au contraire. Elle m’embrassa, et je fus ravi. À Paris, ma femme devait aller prendre le petit chez une madame Gerdy qui demeurait sur le boulevard. Nous convînmes avec Claudine qu’elle se présenterait seule et que je l’attendrais à notre auberge. Mais, elle partie, je me mangeais le foie dans cette chambre. Je sortis au bout d’une heure et j’allai rôder aux environs de la maison de cette dame. Je m’informai à des domestiques, à des gens qui sortaient, et j’appris qu’elle était la maîtresse du comte de Commarin. Cela me déplut si fort que, si j’avais été le maître, ma femme serait revenue sans ce bâtard. Je ne suis qu’un pauvre marin, moi, et je sais bien qu’un homme peut s’oublier. On est monté par la boisson. Quelquefois on est entraîné par les camarades, mais qu’un homme ayant femme et enfants fasse ménage avec une autre et lui donne le bien des siens, je trouve cela mal, très-mal. N’est-il pas vrai, monsieur ?

Le juge d’instruction se démenait rageusement sur son fauteuil. Il pensait : « Cet homme n’en finira donc pas ! »

— Oui ! vous avez raison mille fois, répondit-il, mais trève de réflexions, avancez, avancez !…

— Claudine, monsieur, était plus entêtée qu’une