Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/570

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Il ne tarda pas à s’arrêter, frappé de cette idée que cette course désordonnée devait éveiller l’attention.

Il lui semblait que tout en lui dénonçait le meurtre ; il croyait lire le mépris et l’horreur sur tous les visages, le soupçon dans tous les yeux.

Il allait, se répétant instinctivement : Il faut prendre un parti.

Mais dans son horrible agitation, il était incapable de rien voir, de délibérer, de comparer, de résoudre, de décider.

Lorsqu’il hésitait encore à frapper, il s’était dit : je puis être découvert. Et dans cette prévision il avait bâti tout un plan qui devait le mettre sûrement à l’abri des recherches. Il devait faire ceci et cela, il aurait recours à cette ruse, il prendrait telle précaution. Prévoyance inutile ! Rien de ce qu’il avait imaginé ne lui semblait exécutable. On le cherchait, et il ne voyait nul endroit du monde entier où il pût se croire en sûreté.

Il était près de l’Odéon, quand une réflexion plus rapide que l’éclair illumina les ténèbres de son cerveau.

Il songea que sans aucun doute on le cherchait déjà, son signalement devait être donné partout ; sa cravate blanche et ses favoris si bien soignés le trahissaient comme une affiche.

Avisant la boutique d’un coiffeur, il s’avança jus-