Page:Gaboriau - L’Affaire Lerouge.djvu/575

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Après de longues réflexions, l’avocat s’avisa d’un stratagème diabolique.

Il brûla toutes les lettres du comte établissant la substitution et conserva seulement celles qui la laissaient soupçonner.

Ces dernières, il alla les montrer à Albert en se disant que, si la justice arrivait à pénétrer quelque chose des causes de la mort de Claudine, naturellement elle soupçonnerait celui qui paraîtrait y avoir tant d’intérêt.

Ce n’est pas qu’il songeât à faire retomber le crime sur Albert. C’était une simple précaution qu’il prenait. Il comptait agir de telle sorte que la police perdrait ses peines à la poursuite d’un scélérat imaginaire.

Il ne pensait pas non plus à se substituer au vicomte de Commarin.

Son plan était simple : son crime commis il attendrait ; les choses traîneraient en longueur, il y aurait des pourparlers, enfin il transigerait au prix d’une fortune.

Il se croyait sûr du silence de sa mère, si jamais elle le soupçonnait d’un assassinat.

Ces mesures prises, il s’était résolu à frapper le jour du mardi-gras.

Pour ne rien négliger, il avait ce soir-là même conduit Juliette au théâtre et de là à l’Opéra. Il fondait ainsi, en cas de malheur, un alibi irrécusable.