Page:Gaboriau - Les Gens de bureau, Dentu, 1877.djvu/24

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V


Quels pensers agitaient l’homme intérieur dans Caldas depuis tantôt trois minutes qu’il se tenait au port d’armes, le chapeau à la main, le cœur palpitant sous son gilet (étoffe anglaise) ?

Il m’en coûte peu de l’avouer. Caldas ne pensait à rien. La majesté silencieuse de cette réception avait subitement cristallisé les idées du nouveau.

Le chef du personnel voulut bien enfin s’apercevoir qu’il y avait quelqu’un là. Par habitude il cacha précipitamment une feuille de papier blanc et son grattoir, souleva légèrement ses lunettes et… peut-être allait-il parler quand la peur du ridicule déliant tout à coup la langue de Caldas :