Page:Gagneur - La part du feu.pdf/25

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nouvelle féodalité aussi oppressive que la féodalité de la terre. Qu’importe qu’il crée quelques grandes fortunes, si, malgré l’élévation apparente des salaires, il accroît la misère et la servitude du grand nombre !

— Misère, servitude ! Pourquoi pas esclavage ? Je les sais par cœur, les grands mots de ces philanthropes, qui n’ont jamais observé les ouvriers que dans leurs livres. Vois donc ce qui se passe dans mon usine. N’ont-ils pas trop de liberté, puisqu’ils peuvent se coaliser, se mettre en grève, ruiner leur patron, entraver l’industrie ?

— Qu’est-ce que ce droit de coalition, sans le droit de réunion et d’association ? Et que peuvent-ils, je le répète, contre la coalition des patrons, bien plus facile et plus puissante que la leur ?

— Et tu voudrais changer cela ? s’écria Furibus, dont les yeux étincelèrent, tu les voudrais plus puissants que les patrons !

— Écoute, mon pauvre Furibus, je ne veux rien, je constate. Je crois que nous sommes à un moment de suprême crise ; je crois qu’on pourrait la diriger, mais non l’empêcher, car telle est la marche nécessaire des choses. Prête-moi toute ton attention ; c’est de la haute politique.

Quand une société a atteint un certain degré de civilisation, si elle ne contient pas des éléments de vitalité assez puissants pour soutenir ce mouvement ascensionnel ; si elle ne fait pas de nouvelles découvertes en proportion des besoins que cette civilisation développe