Page:Garcin de Tassy - Histoire de la littérature hindi et hindoustani, t2.djvu/10

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pleins de figures de mots impossibles à faire apprécier au lecteur européen[1].

Parmi les extraits des ouvrages hindoui, ceux du Bhakta-mâl offrent un intérêt d’autant plus grand, que la plupart des saints hindous qui y sont mentionnés sont auteurs de poésies hindoui religieuses conservées par leurs adeptes, et dont on trouve des citations dans ce livre.

Je me suis étendu sur le Prem-sagar, parce que cet ouvrage est en effet très-remarquable. Ses vers sont en hindoui, et offrent les restes d’une ancienne rédaction, ou ils sont peut-être des fragments d’hymnes populaires conservées par la tradition. La prose est d’une facture plus moderne, et presque simplement en hindî[2] ; mais elle est très-élégante et souvent rimée.

J’ai tenu à donner la traduction d’un chant du Râmâyana de Tulcî-dâs, quoique je n’aie pu me procurer de commentaire de ce poëme , qui est écrit dans un dialecte hindoui difficile à entendre.

Parmi les extraits d’ouvrages hindoustani, j’ai donné la plus grande place à ceux de l’Araïsch-i mahfil, parce que cet ouvrage est un des plus saillants de la littérature moderne de l’Inde. Pour les autres je me suis imposé des bornes plus étroites. J’avais déjà donné, dans le premier volume, de courts échantillons de la littérature hindoui et hindous-

  1. Il y en a que je ne donne pas non plus, parce qu’ils ont été publiés depuis la mise au jour de mon premier volume. Telle est la chronique d’Assam, dont je n’ai pas donné d’extrait, parce que M. Th. Pavie en a publié récemment une élégante traduction ; et l’élégie de Miskin, que j’ai autorisé M. l’abbé Bertrand, un de mes élèves les plus distingués, à publier à la suite du Gul-i magfirat, qu’il a donné en français sous le titre de : les Séances de Haïdarî.
  2. Sur la différence qui existe entre le hindî proprement dit et le hindoui, voyez mes Rudiments de la langue hindoui, p. 10.