Page:Garcin de Tassy - Histoire de la littérature hindi et hindoustani, t2.djvu/12

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


il y a aussi, comme en hindoustani, des ouvrages en simple prose, ou en prose rimée, mais le plus souvent entremêlée de vers, qui dans ce cas sont généralement des citations.

Si nous suivons la classification sanscrite, rappelée par M. Gorresio dans là préface de sa belle édition du Râmâyana, nous partagerons en quatre classes les productions hindoui.

Akhyânaconte, légende. Il faut entendre par là les poëmes qui ont pour sujet des traditions populaires, et les romans en vers, quelquefois transcrits en caractères persans, sous forme de stances, quoique les rimes changent à chaque vers comme dans les masnawîs.

Adikâvya … , ou poésie primitive. On entend particulièrement par là le Râmâyana.

Itihâçahistoire, récit. Ce sont les grands corps de traditions historico-mythologiques, tels que le Mahâbhârata et les chroniques en vers.

4° Enfin Kâvya …, composition poétique quelconque. Ce nom générique , qui équivaut au … de l’Orient musulman, comprend en hindoui tous les petits poèmes que je vais bientôt passer en revue.

On doit rattacher à la troisième classe les récits en prose entremêlés de vers, spécialement les recueils de contes et d’apologues, tels que le Totâ kahâni (contes d’un perroquet), le Singhâçan-battîci (le trône enchanté) ; le Baïtal-pachicî (narration du Baïtal), etc.

Faire entendre la vérité aux rois, c’est chose difficile en Orient, où leur volonté étant tout, on ne saurait jamais la contredire. C’est au point que le poëte philosophe Saadi recommande d’assurer qu’on voit la lune et les étoiles, si un souverain venait à dire qu’il fait nuit en plein midi. On a donc dû recourir à des fictions, pour faire parvenir jusqu’à ces oreilles délicates la voix de la vérité. C’est ainsi