Page:Garcin de Tassy - Histoire de la littérature hindi et hindoustani, t2.djvu/13

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qu’on a inventé l’apologue, où l’on a pu sans danger donner aux tyrans des leçons, dont ils ont quelquefois profité. Témoin ce roi de Perse qui demanda à son ministre, qui se piquait d’entendre le langage des animaux, de quoi pouvaient s’entretenir deux hiboux qu’il apercevait ensemble. « Ils disent, répondit le hardi philosophe, qu’ils sont charmés de votre règne ; parce qu’ils peuvent se réfugier à leur gré dans les ruines que votre administration rapace produit tous les jours. » Nous voyons en effet que la politique occupe le premier rang dans les fables orientales, et en forme la portion la plus importante. On peut s’en convaincre en prenant connaissance des principaux recueils de contes et d’apologues indiens. Là , au moyen des formes les plus éloquentes du discours, on fait entendre le langage de la raison ; car, ainsi que l’a dit un poëte urdû, « Ce n’est pas seulement la beauté physique qui séduit le cœur, la persuasive éloquence est encore plus attrayante. »

Voici actuellement, par ordre alphabétique , les noms des principales compositions hindoui en vers.

Abhang … , sorte d’ode trochaïque dont les vers sont réglés par l’accent des mots, comme en anglais, et non par la quantité (la longueur ou la brièveté) des syllabes, comme en sanscrit, en grec et en latin. Ce poème est surtout usité en mahratte.

Âlhâ …, poème qui tire son nom de son inventeur[1].

Baçantprintemps, nom d’un râg, ou mode musical, et d’une espèce particulière de poésie qu’on chante sur

  1. Shak. Dict. Hind. and Engl.