Page:Garcin de Tassy - Histoire de la littérature hindi et hindoustani, t2.djvu/9

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PREFACE.


Dans la préface du premier volume de cette histoire, je n’avais annoncé qu’un second et dernier volume ; mais l’abondance des nouveaux renseignements que j’ai obtenus pour la biographie et la bibliographie m’oblige à séparer en deux volumes le restant de cet ouvrage.

Pour le volume qui paraît actuellement, et qui se compose d’extraits et d’analyses, les matériaux ne m’ont pas manqué ; mais l’intérêt n’a pas été en mesure de la richesse ; car on peut dire des productions hindoui et hindoustani ce que Martial a dit de ses épigrammes :

Suntbona, sunt quœdam mediocria.
Sunt mala plura.

J’ai passé un temps considérable à parcourir, à lire quantité d’ouvrages ; à en analyser, à en traduire plusieurs : mais j’ai dû rejeter une grande partie des morceaux que j’avais en vue, ou même que j’avais préparés, soit à cause qu’ils étaient trop contraires à nos mœurs, soit parce qu’ils décrivaient des faits immoraux ou qu’ils étaient déparés par des obscénités[1], soit enfin parce qu’ils étaient

  1. Une chose digne de remarque, c’est que les auteurs musulmans de la Perse et de l’Inde les plus estimés, ceux même qu’on regarde comme de saints personnages, tels que Hafiz, Saadî, Jurât, Kamâl, etc. ont presque tous écrit des poésies licencieuses. On peut appliquer aux Musulmans ce que saint Paul disait des païens : « Ces hommes, qui se croyaient sages, sont devenus fous... Dieu les a livrés... aux vices de l’impureté... à des passions honteuses. » (Epît. aux Rom. i, 22.)