Page:Garine - Contes coréens, adaptés par Persky, 1925.pdf/54

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
52
CONTES CORÉENS

« Ah ! le voilà, le coquin qui a voulu nous voler la nuit passée ! » s’écria l’un des moines.

Alors, tous les bonzes se mirent à le frapper.

Ils le ligotèrent et l’emmenèrent en prison.

Pendant trois jours, Ko garda le silence, tant il avait peur.

Mais lorsque le supérieur du couvent eut examiné et interrogé Ko avec douceur, le malheureux retrouva ses esprits et raconta tout au long sa mésaventure.

« Si tu veux réellement acquérir la science, dit le supérieur, viens chez moi ; tu nous rendras des services en portant le bois et je te donnerai des leçons. »

Ko accepta avec joie.

ii

Le supérieur le garda cinq ans, et le jugeant assez instruit, il l’engagea à se rendre à Séoul[1] pour subir les examens qui donnent accès aux hautes fonctions.

À cette époque-là, on ne vendait pas encore les charges.

Bien que le terme de dix ans fixé par sa femme ne fût pas encore atteint, Ko se rendit à Séoul.

Le roi lui-même posa à tous les candidats la question suivante :

« Qu’est-ce que Soïp-okhy-ouiou-si-dzioun, ce qui

  1. Séoul, capitale de la Corée, sur le fleuve Han-Kiang.