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CONTES COREENS

C’est alors qu’il vit venir deux femmes : l’une jeune et richement habillée, l’autre esclave.

Elles le saluèrent en passant, et la maîtresse lui demanda ce qu’il faisait là par ce froid cruel.

Nim la mit au fait de sa fatale résolution.

« On ne se donne pas la mort pour si peu, dit la jeune femme ; suis-moi et je te viendrai volontiers en aide. »

Il la suivit et ils arrivèrent à I-djoou dans une très riche habitation.

La jeune femme lui donna de l’argent, des étoffes, du millet et l’invita à venir souvent chez elle, non sans lui avoir recommandé de toujours frapper à la porte avant d’entrer.

Nim, tout heureux, apporta à ses enfants les vêtements neufs, l’argent et le grain. Le nouvel an leur parut aussi joyeux qu’il l’est pour ceux qui ont, en abondance, du millet, de l’argent et de beaux habits.

Nim alla revoir la jeune femme ; bientôt ils s’aimèrent et résolurent de se marier.

Un soir, comme Nim sortait de chez lui pour aller chez sa fiancée, un fantôme immense se dressa devant lui dans l’obscurité.

« Je suis ton ancêtre, dit le spectre, et je suis venu pour te prévenir : celle que tu aimes n’est pas une femme, mais une bête immonde. Si tu veux t’en convaincre, tu n’as qu’à ouvrir la porte sans prévenir et tu verras non pas ta bien-aimée, mais une scolopendre. »

Et l’esprit disparut.

Nim assez troublé, se disposait à obéir à son ancêtre ;