Page:Garneau - Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours, tome I, 1845.djvu/210

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
210
HISTOIRE

Mais au défaut de gibier, on vivait de gland. Au défaut de gland, on se nourrissait de la sève ou de la pellicule qui naît entre le bois et la grosse écorce du tremble et du bouleau. » (Raynal).

Dans ces expéditions, la tribu se campait dans le voisinage d’un lac ou d’une rivière, où elle se construisait des huttes à la hâte. En un clin d’œil une bourgade s’élevait au-dessus des neiges qui recouvraient bientôt celle qu’elle avait abandonnée. C’est ainsi que partout dans l’Amérique du nord, la population et les villes changeaient continuellement de place, attirées qu’elles étaient par l’abondance de la chasse ou de la pêche, qui variait tous les jours dans chaque localité.

Un peuple qui n’était point ainsi fixé au sol, devait jouir de la plus grande liberté ; et, en effet, chacun vivait avec toute l’indépendance qu’un homme peut posséder dans la société la plus libre.

La coutume et l’opinion, voilà quel était le gouvernement des tribus sauvages. Il n’y avait point de lois écrites. On suivait les usages traditionnels et l’instinct de la raison et de l’équité. D’ailleurs l’autorité publique, le gouvernement, n’était appelé à agir que très rarement, comme lorsqu’il fallait faire la guerre ou la paix, élire un chef, ou enfin traiter avec une