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HISTOIRE

puis 14 ans, mourut héroïquement au milieu de ses ouailles : il refusa de les abandonner, et resta au milieu du carnage administrant le baptême et l’absolution. Après avoir engagé ceux de ses néophytes qui étaient près de lui à se sauver dans le bois, il s’avança tranquillement au devant des ennemis comme pour attirer sur lui toute leur attention, et reçut la mort en proclamant la parole de Dieu.

Dans le mois de mars suivant, une autre bourgade, celle de St.-Ignace, fut surprise et 400 personnes furent taillées en pièces ; il ne se sauva que trois hommes qui donnèrent l’alarme à la bourgade de St.-Louis, dont les femmes et les enfans eurent seulement le temps de prendre la fuite ; quatre-vingts guerriers restèrent pour la défendre ; ils repoussèrent deux attaques successives ; mais l’ennemi ayant pénétré dans le village à la troisième, ils furent tués ou pris, après avoir combattu avec la plus grande valeur. C’est au sac de ce village que les PP. Brébœuf et Lallemant furent faits prisonniers. On sait avec quel courage ces deux missionnaires moururent, après avoir enduré les tourmens les plus affreux que peut inventer la cruauté rafinée des barbares.

Ces massacres furent suivis de plusieurs combats où le succès fut d’abord partagé ; mais à la fin l’avantage resta aux Iroquois, qui gagnèrent