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HISTOIRE

les armes et veillait nuit et jour, chacun étant déterminé de vendre chèrement sa vie.

Un Huron, le seul des compagnons de Daulac qui s’échappa, informa le premier les habitans de la retraite des Iroquois. On chanta le Te Deum dans les églises en action de grâces ; mais l’on ne fut complètement rassuré que longtemps après, car l’on craignait encore que ces barbares ne vinssent dans l’automne ravager les campagnes.

Cependant ils se lassèrent encore une fois d’une guerre dans laquelle ils n’avaient de succès que sur des hommes isolés, et qui leur coûtait beaucoup de monde. Ils commencèrent par retirer leurs partis du Canada, et les cantons d’Onnontagué et de Goyogouin envoyèrent des députés à Montréal pour demander la paix. Quoique l’on eût peu de confiance dans la parole de ces Sauvages, le gouverneur pensa qu’une mauvaise paix valait encore mieux qu’une guerre avec des ennemis qu’il ne pouvait atteindre ni aller attaquer dans leur pays, faute de soldats. Ces deux cantons, où il y avait plusieurs chrétiens, demandaient aussi un missionnaire. Le P. LeMoine s’offrit d’y aller ; il fut chargé de la réponse du gouverneur et des présens qu’il leur envoyait.

La négociation en était là, lorsque le baron