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DISCOURS

le temps où il ne restera à l’Europe de colonies en Amérique, que celles que l’Amérique voudra bien lui laisser ; car une expédition préparée dans la Nouvelle-Angleterre sera exécutée contre les Indes de l’ouest, avant même qu’on ait à Londres, la première nouvelle du projet.

S’il est un moyen d’empêcher, ou du moins, d’éloigner cette révolution, ce ne peut-être que de favoriser tout ce qui peut entretenir une diversité d’opinions, de langage, de mœurs et d’intérêt entre le Canada et la Nouvelle-Angleterre. »

La Grande-Bretagne influencée par ces raisons qui tiraient une nouvelle force des événemens qui se préparaient pour elle au-delà des mers, ne balança plus entre ses préjugés et une politique dictée si évidemment dans l’intérêt de l’intégrité de l’empire. La langue, les lois et la religion des Canadiens furent conservées dans le temps même où il aurait été comparativement facile pour elle d’abolir les unes et les autres, puisqu’elle possédait alors la moitié de toute l’Amérique. Elle eut bientôt lieu de se réjouir de ce qu’elle avait fait cependant. Deux ans à peine s’étaient écoulés depuis la promulgation de l’acte de 1774, que ses anciennes colonies étaient toutes en armes contre son autorité, et faisaient de vains efforts pour s’emparer du