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HISTOIRE

prise était trop vaste pour ses forces, et il échoua ; il trouva des ennemis invincibles dans les gouverneurs, tous plus ou moins jaloux de l’influence qu’il possédait déjà. Du reste, M. de Pétrée menait une vie austère et veillait avec une sollicitude vigilante au soin de son diocèse.

Il fut sacré évêque par le nonce du pape sous le nom titulaire de Pétrée in partibus infidelium ; et muni d’un bref de vicaire apostolique avant son départ pour la colonie. Lors de la création du diocèse de Québec, en 1670, il en fut nommé évêque suffragant de Rome par une bulle de Clément X ; mais cette bulle ne fut expédiée de la chancellerie de sa Sainteté qu’en 1674.

Sa nomination fit naître une foule de difficultés. Le choix des vicaires apostoliques chez les idolâtres appartenant au pape, la cour de Rome ne voulut pas assujettir l’évêque de Québec à la nomination du roi, ni le soumettre à la prestation du serment, quoique le Canada fût une colonie française, qu’une partie de ses habitans fussent des Français, et que la plupart des peuples indigènes, d’après le droit public du temps, dussent être considérés comme des sujets de la couronne de France. Après bien des pourparlers, le St.-Siége consentit à abandonner une partie de ses prétentions, en admettant le serment ; mais il persista obstinément dans la résolution de faire dépendre l’Église