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HISTOIRE

grande que l’Europe et l’Asie ensemble disparut en un clin d’œil. »

Les annales de Carthage rapportent qu’Himilcon vit une nouvelle terre dans les mêmes régions. L’an 356 de la fondation de Rome, un vaisseau Carthaginois ayant pris sa route vers le couchant, pénétra dans une mer inconnue, où il découvrit fort loin de la terre une île déserte, spacieuse, arrosée de grandes rivières, couverte de forêts, dont la beauté semblait répondre de la fertilité du sol. Une partie de l’équipage ne put résister à la tentation de s’y établir. Les autres étant retournés à Carthage, le Sénat auquel ils rendirent compte de leur découverte, crut devoir ensevelir dans l’oubli, un événement dont il craignit les suites. Il fit en conséquence donner secrètement la mort à ceux qui étaient revenus dans le vaisseau ; et ceux qui étaient restés dans l’île demeurèrent sans ressource pour en sortir.[1] Il semble assez certain aujourd’hui que cette île est le Nouveau-Monde.

  1. Aristote, Théophraste. La coutume de la cupide Carthage était de faire périr ainsi tous ceux qui pouvaient sciemment ou non nuire à ses intérêts ou exciter les soupçons du Conseil des cent, image du Conseil des dix de Venise. « Carthage, dit Montesquieu, avait un singulier droit des gens ; elle faisait noyer tous les étrangers qui trafiquaient en Sardaigne et vers les colonnes d’Hercule. »