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DU CANADA.

personnes furent imbues de son esprit en Canada. On assure que madame d’Aillebout, la femme du gouverneur, s’était vouée à Jésus-Christ dès sa jeunesse, inspirée par le culte intérieur, et l’amour pur et désintéressé, et que, malgré son mariage, elle conserva jusqu’à la fin de ses jours sa pureté virginale. Devenue veuve, elle fut recherchée en mariage par le gouverneur, M. de Courcelles, et par M. Talon, intendant ; mais à l’exemple de la fondatrice du Quiétisme, elle refusa constamment les partis les plus avantageux. Cette femme qui avait de grands biens, les partagea entre l’Hôpital général et l’Hôtel-Dieu où elle mourut. « Dieu lui avait donné, dans le langage de ces rêveurs, l’esprit de prophétie, le don des larmes, le discernement des esprits et plusieurs autres grâces gratuites ».

Le tremblement de terre de 1663 fut le plus beau temps du Quiétisme en Canada. Ce phénomène, en effet, mit en mouvement l’imagination ardente et mobile de ses adeptes ; les apparitions furent nombreuses, singulières, effrayantes, et les prophéties se multiplièrent. Jamais l’on n’aurait tant vu de prodiges si l’on en croit les relations monacales du temps ; non des prodiges rians et agréables comme en rêvent les heureux habitans des contrées méridionales où croissent l’aloès et l’oranger ; mais