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DU CANADA.

l’ordonnance dont parle Charlevoix fut en effet rendue. Mais un demi triomphe était regardé par M. de Pétrée et ses partisans presque comme une défaite, eux qui avaient été jusque là accoutumés à remporter des succès complets, et à renverser tous les obstacles que rencontrait l’Église dans ses volontés.

Ce résultat, d’un autre côté, ne contribua qu’à augmenter l’éloignement du gouverneur général pour M. Duchesneau qui avait appuyé, comme on l’a dit, l’évêque dans cette question. Il se conduisit envers lui comme il faisait envers ceux qu’il regardait comme ses ennemis, avec une grande hauteur. La mésintelligence, s’accrut tous les jours de plus en plus entre eux ; et malgré les recommandations de la cour, les choses en vinrent à tel point qu’il fallut les rappeler en 1682[1].

  1. Charlevoix rapporte qu’à la suite de la passation de l’ordonnance de 1675 relative au conseil souverain, le comte de Frontenac, outré d’avoir échoué dans ses prétentions, exila sous différens prétextes de sa propre autorité le procureur-général et deux conseillers. Ce fait ne paraît pas correct. Dans les actes qui se trouvent dans le livre des Édits et Ordonnances, c’est le substitut du procureur-général qui agit de 1668 à 1674, auprès de ce conseil ; de 1675 à 1682 et plus tard encore, c’est le procureur général, M. Ruette d’Auteuil, nommé en 1674 par M. de Frontenac lui-même. Cet officier se trouvant constamment inscrit, comme présent, dans les procès-verbaux du conseil entre ces deux époques, n’a donc pu être exilé après 1676 par le gouverneur.