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DU CANADA.

c’était Denonville qui l’avait envoyé à l’anse de la Famine pour les surprendre. Poussant la feinte jusqu’au bout, il les relâcha tous sur le champ, excepté un seul qu’il garda pour remplacer un de ses Hurons tués dans l’attaque. Il se rendit ensuite avec la plus grande diligence à Michilimackinac, où il fit présent de son prisonnier au commandant, M. de la Durantaye, qui ne sachant pas qu’on traitait avec les Iroquois, fit passer ce malheureux Sauvage par les armes. L’Iroquois protesta en vain qu’il était ambassadeur, le Rat fit croire à tout le monde que la crainte de la mort lui avait dérangé l’esprit. Dès qu’il eût été exécuté, le Rat fit venir un vieux Iroquois, depuis longtemps captif dans sa tribu, et lui donna la liberté pour aller apprendre à ses compatriotes, que tandis que les Français amusaient leurs ennemis par des négociations, ils continuaient à faire des prisonniers et les massacraient. Cet artifice, d’une politique vraiment diabolique, réussit au gré de son auteur ; car quoi qu’on parût avoir détrompé les Iroquois sur cette prétendue perfidie du gouverneur, ils ne furent pas fâchés d’avoir un prétexte pour recommencer la guerre. Les plus sages cependant qui voulaient la tranquillité, avaient gagné à faire envoyer de nouveaux députés en Canada, mais comme ils allaient partir, un exprès du